Pays basque espagnol

Pays basque espagnol : guide entre Saint-Sébastien et Bilbao

Photo : Bráulio Jardim / Pexels

Le Pays basque espagnol, c’est cette bande de côte verte et vallonnée qui va de la frontière française jusqu’à la Cantabrie, avec Saint-Sébastien et Bilbao comme deux visages très différents d’une même culture. D’un côté une baie élégante tournée vers la plage et la gastronomie, de l’autre une ville industrielle qui s’est réinventée autour d’un musée. Entre les deux, des villages de pêcheurs, des falaises et une cuisine qui justifie à elle seule le voyage.

Ce guide s’adresse à ceux qui préparent un premier séjour dans la région : que voir, où aller, combien de temps prévoir et comment s’organiser sans tomber dans les pièges classiques (rouler partout alors que le train fait très bien le travail, ou vouloir tout voir en trois jours).

L’essentiel

  • Meilleure période : fin du printemps (mai, juin) et début d’automne (septembre), pour éviter la foule de l’été et profiter d’un temps encore clément.
  • Durée conseillée : prévoir plutôt 4 à 6 jours pour combiner Saint-Sébastien, Bilbao et un ou deux villages côtiers sans courir.
  • Incontournables : la baie de la Concha à Saint-Sébastien, le musée Guggenheim à Bilbao, un village comme Hondarribia ou Getaria, et une tournée de pintxos dans la vieille ville.
  • Se déplacer : train régional entre Saint-Sébastien et Bilbao, puis voiture ou bus pour rayonner vers la côte et les villages.

Comprendre le Pays basque espagnol avant de partir

Le Pays basque, au sens large, s’étend sur deux pays. Une partie française autour de Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, et une partie espagnole beaucoup plus vaste, qui correspond à la communauté autonome d’Euskadi (les provinces de Guipuzcoa, Biscaye et Alava) à laquelle on rattache souvent, dans les guides de voyage, la province voisine de Navarre. La capitale administrative de la communauté autonome n’est ni Saint-Sébastien ni Bilbao mais Vitoria-Gasteiz, une ville plus discrète, moins touristique, mais agréable à visiter si l’itinéraire le permet.

On y parle espagnol et euskera, une langue qui n’a aucun lien avec les langues latines et qui donne son identité forte à la région : les panneaux, les noms de villages, les cartes de restaurant sont souvent bilingues. C’est aussi une région qui a son propre caractère politique et culturel, revendiqué et visible, sans que cela change grand-chose pour un visiteur de passage.

Géographiquement, la région borde le golfe de Gascogne, que les Espagnols appellent la mer Cantabrique. C’est une côte verte, humide, plus proche du climat atlantique que du cliché de l’Espagne sèche et ensoleillée. Il peut pleuvoir même en été, ce qui fait partie du charme (et explique pourquoi tout est si vert).

Plage de la Concha et île Santa Clara à Saint-Sébastien
Photo : Bráulio Jardim / Pexels

Saint-Sébastien, la baie qui donne envie de rester

Saint-Sébastien (Donostia en basque) est souvent citée comme l’une des plus belles baies urbaines d’Europe, et pour une fois le cliché touristique tient debout. La Concha dessine une courbe presque parfaite entre deux collines, avec l’île Santa Clara posée au milieu comme pour compléter la carte postale. La plage voisine d’Ondarreta prolonge la baie côté ouest, plus tranquille, plus familiale. De l’autre côté de la ville, séparée par l’embouchure de l’Urumea, la plage de Zurriola attire les surfeurs : vagues plus franches, ambiance plus jeune.

La vieille ville (Parte Vieja) mérite qu’on s’y perde sans itinéraire précis. C’est un quadrillage de ruelles étroites où s’enchaînent les bars à pintxos, avec en fond la basilique Santa María del Coro et le port de pêcheurs. Le mont Urgull, juste au-dessus, offre une vue d’ensemble sur la baie pour qui ne craint pas une petite montée.

Saint-Sébastien a aussi une réputation gastronomique qui dépasse largement le Pays basque : la ville figure régulièrement parmi celles qui comptent le plus grand nombre de restaurants étoilés au monde rapporté à sa taille, avec des maisons comme Arzak ou Akelarre. On peut très bien visiter sans réserver dans un restaurant étoilé : la scène des pintxos suffit largement à comprendre pourquoi la ville a cette réputation.

Pour ceux qui veulent organiser leur venue autour de la ville plutôt qu’en itinérance, plusieurs formules de séjours en Espagne permettent de poser ses valises à Saint-Sébastien et de rayonner sur la région en excursions à la journée.

Bilbao et le Guggenheim, une ville qui s’est réinventée

Il y a un avant et un après pour Bilbao. Avant, c’était une ville portuaire et industrielle, grise, tournée vers l’acier et la sidérurgie. Après l’ouverture du musée Guggenheim en 1997, dessiné par l’architecte Frank Gehry avec ses volumes de titane qui accrochent la lumière au bord du fleuve Nervion, la ville est devenue un cas d’école de reconversion urbaine, régulièrement cité dans les écoles d’architecture et d’urbanisme sous le nom d’« effet Guggenheim ».

Le musée reste la raison numéro un de venir, mais Bilbao vaut le détour au-delà de ce seul monument. Le casco viejo (vieille ville), autour des Siete Calles, garde l’atmosphère d’une ville basque plus classique, avec ses propres bars à pintxos, un peu moins touristiques que ceux de Saint-Sébastien. Le marché de la Ribera, l’un des plus grands marchés couverts d’Europe, vaut une halte pour le déjeuner. Et la promenade le long du Nervion, avec le pont transbordeur de Biscaye classé au patrimoine mondial un peu plus loin sur l’estuaire, permet de comprendre le lien de la ville avec son fleuve.

Bilbao se visite bien en une journée pleine, deux si on veut prendre son temps et pousser jusqu’au pont de Biscaye ou vers la côte proche.

Musée Guggenheim de Bilbao reflété dans le fleuve Nervion
Photo : David Vives / Pexels

Les villages de la côte : Hondarribia, Getaria, Mundaka

C’est souvent dans les petits villages, plus que dans les deux grandes villes, que le Pays basque espagnol donne le meilleur de lui-même. Hondarribia, à la frontière avec la France, aligne des maisons de pêcheurs aux balcons de bois colorés dans sa vieille ville fortifiée, avec vue sur la baie de Txingudi et Hendaye juste en face. C’est l’un des villages classés parmi les plus beaux d’Espagne, et il se visite facilement en une demi-journée depuis Saint-Sébastien.

Getaria, plus à l’ouest, est un village de pêcheurs construit sur un petit promontoire rocheux, connu pour deux choses : être la patrie de Juan Sebastián Elcano, le premier marin à avoir bouclé un tour du monde après la mort de Magellan, et pour ses parrilladas de poisson grillé au feu de bois, une spécialité qui attire les habitants de toute la région le week-end. C’est aussi un des berceaux du txakoli, ce vin blanc légèrement pétillant qu’on sert traditionnellement versé de haut pour l’aérer.

Plus loin vers Bilbao, Mundaka est connue des surfeurs du monde entier pour sa vague gauche qui déroule à l’embouchure de la rivière, l’une des plus réputées d’Europe. Le village lui-même, posé sur la réserve de biosphère d’Urdaibai, reste petit et tranquille en dehors des pics de saison de surf.

Entre ces villages, la route longe régulièrement des falaises spectaculaires, notamment autour de Zumaia et Deba, où l’érosion a sculpté des strates rocheuses appelées flysch, connues aussi bien des géologues que des amateurs de séries télévisées qui y reconnaîtront certains décors tournés sur cette côte.

Les pintxos et la gastronomie basque

Comprendre les pintxos, c’est comprendre une bonne partie de la culture sociale basque. Contrairement à la tapa espagnole classique qu’on commande, le pintxo est posé sur le comptoir, souvent piqué d’un cure-dent, et on se sert directement en gardant les cure-dents pour l’addition. La tradition veut qu’on ne reste jamais longtemps dans un même bar : on prend un pintxo, un verre, puis on change d’adresse. Ce rituel de bar en bar s’appelle le poteo, et la vieille ville de Saint-Sébastien comme le casco viejo de Bilbao sont parmi les meilleurs endroits d’Espagne pour s’y adonner.

Parmi les classiques qu’on retrouve presque partout : la gilda (piment, anchois, olive, sur cure-dent, considérée comme le tout premier pintxo), la tortilla de patatas servie en petite part, le txistorra (fine saucisse grillée), et toutes les variations autour du poisson et des fruits de mer, du crabe farci à la brochette de calamars.

Autour de Saint-Sébastien, la commune d’Astigarraga concentre une bonne partie des sidrerías, ces grandes maisons où l’on boit le cidre local directement au tonneau (le fameux geste du txotx) en accompagnement d’un menu traditionnel à base d’omelette à la morue, de côte de bœuf grillée et de fromage. C’est une expérience à part, plus rustique que le pintxo urbain, et qui mérite qu’on lui consacre une soirée si le calendrier le permet (la saison du cidre nouveau se concentre généralement entre janvier et avril).

Assiette de pintxos basques traditionnels
Photo : Gonzalo Guzmán García / Pexels

La côte cantabrique, entre falaises et criques

La côte du Pays basque espagnol n’a pas grand-chose à voir avec les plages de sable fin du sud de l’Espagne. C’est une côte découpée, avec des falaises abruptes, des criques encaissées et des marées qui changent complètement le visage des plages entre matin et soir. Le sanctuaire de San Juan de Gaztelugatxe, cet îlot relié à la terre par un pont de pierre et un escalier de plusieurs centaines de marches, en est l’image la plus connue, popularisée notamment par des tournages de séries télévisées.

Plus à l’ouest, en direction de la Cantabrie voisine, la côte continue de dérouler ses falaises et ses petits ports de pêche jusqu’à Santander, hors du périmètre strict du Pays basque mais accessible en prolongement naturel d’un road trip côtier. Entre les deux, des plages moins connues que la Concha valent le détour pour qui a une voiture : la plage de Laga et celle d’Ogeia près de Mundaka, ou encore la Playa de Itzurun à Zumaia, encadrée par les falaises de flysch.

Cette partie de la côte se prête particulièrement bien à un itinéraire en voiture, en s’arrêtant au gré des points de vue plutôt qu’en cochant une liste de lieux. Pour une approche plus organisée, plusieurs circuits en Espagne couvrent tout ou partie de cette côte cantabrique, utile si l’idée de louer une voiture et de composer son propre itinéraire semble trop d’organisation pour un premier voyage.

Falaises et sanctuaire de Gaztelugatxe sur la côte basque
Photo : Juan Pablo Serrano / Pexels

Quand partir dans le Pays basque espagnol

Le climat atlantique de la région change la donne par rapport au reste de l’Espagne : il n’y a pas vraiment de saison sèche garantie, et la pluie reste possible toute l’année, y compris en plein été. Cela dit, la région se visite bien sur une large partie de l’année, avec quelques nuances.

Le printemps, de mai à juin, offre généralement des températures agréables pour marcher, une campagne très verte et moins de monde que l’été. L’été (juillet-août) reste la haute saison, avec des plages bondées à Saint-Sébastien et des prix qui grimpent sur l’hébergement, mais aussi les meilleures chances de journées ensoleillées d’affilée. Septembre est souvent considéré comme la période la plus équilibrée : mer encore chaude, fréquentation en baisse, lumière agréable pour les photos. L’automne et l’hiver conviennent surtout à ceux qui viennent avant tout pour la gastronomie et l’ambiance urbaine plutôt que pour la plage, avec une région nettement plus calme et des tarifs plus doux.

Se déplacer : train, voiture ou road trip

Entre Saint-Sébastien et Bilbao, le plus simple reste le bus ou le train régional : la liaison est fréquente, le trajet dure généralement un peu plus d’une heure, et elle évite de se soucier du stationnement dans deux centres-villes pas toujours simples en voiture. Pour rejoindre Hondarribia ou la frontière française depuis Saint-Sébastien, il existe aussi une ligne de train régional pratique, qui longe la côte.

Pour explorer les villages côtiers (Getaria, Zumaia, Mundaka, Gaztelugatxe), la voiture de location devient en revanche presque indispensable : les horaires de bus y sont plus espacés et certains sites, comme Gaztelugatxe, se trouvent à l’écart des axes principaux. Beaucoup de voyageurs choisissent de louer une voiture uniquement pour la partie côtière du séjour, et de se déplacer en train ou en bus pour la partie strictement urbaine entre les deux grandes villes.

Pour ceux qui préfèrent ne rien organiser eux-mêmes, la page d’accueil de sejoursvoyagesespagne.com recense les formules disponibles pour toute l’Espagne, Pays basque compris, séjours comme circuits accompagnés.

Est-ce que le Pays basque fait partie de l’Espagne ?

Le Pays basque existe des deux côtés de la frontière franco-espagnole. La partie française (autour de Bayonne et Biarritz) fait partie de la France, et la partie espagnole, largement plus étendue, forme la communauté autonome d’Euskadi, en Espagne, avec Vitoria-Gasteiz pour capitale administrative. C’est cette partie espagnole, avec Saint-Sébastien et Bilbao, qui fait l’objet de ce guide.

Quelles sont les villes du Pays basque espagnol ?

Les trois grandes villes sont Saint-Sébastien (Donostia), Bilbao et Vitoria-Gasteiz, capitale administrative de la région mais nettement moins visitée que les deux premières. À cela s’ajoutent de nombreux villages côtiers comme Hondarribia, Getaria ou Mundaka, souvent aussi marquants que les grandes villes pour un premier séjour.

Quel est le plus bel endroit du Pays basque espagnol ?

Difficile à trancher, et honnêtement très subjectif. La baie de la Concha à Saint-Sébastien reste la carte postale la plus citée pour son cadre urbain, tandis que le sanctuaire de Gaztelugatxe, perché sur son îlot relié par un pont de pierre, est souvent désigné comme le site le plus spectaculaire côté nature. Les deux méritent le détour, pour des raisons différentes.

Quel est le plus joli village du Pays basque espagnol ?

Hondarribia revient le plus souvent dans les classements, pour ses maisons à balcons colorés et sa vieille ville fortifiée face à la France. Getaria, avec son port de pêche et ses maisons de pierre sur le promontoire, et Mundaka, pour son cadre plus sauvage sur la réserve d’Urdaibai, sont deux alternatives tout aussi valables selon ce qu’on recherche.

Quelle est la plus belle plage du Pays basque espagnol ?

La Concha à Saint-Sébastien est régulièrement citée parmi les plus belles baies urbaines d’Europe, ce qui en fait la référence pour beaucoup de voyageurs. Pour une ambiance plus sauvage et moins urbaine, la Playa de Itzurun à Zumaia, encadrée par les falaises de flysch, ou les criques autour de Mundaka offrent une expérience très différente, plus proche de la nature.

Quels sont les plus beaux villages d’Espagne dans la région ?

Deux villages du Pays basque espagnol figurent régulièrement dans les classements consacrés aux plus beaux villages d’Espagne : Hondarribia, pour son centre historique fortifié, et Getaria, pour son caractère de village de pêcheurs préservé. Ils illustrent bien la différence entre les grandes villes du guide et ces petites communes côtières qui méritent tout autant le détour.

Léna Fabre

Léna Fabre écrit sur les Baléares et le Pays basque, entre îles et côte cantabrique.